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MAUD FEE

Le basculement…vivre le basculement, en prendre conscience, ici et maintenant. Osciller entre décision et goût du risque, envie et nécessité. « Se reconvertir » ? Et si c’était juste « s’écouter » ?

Etre autodidacte et cheminer vers ce qui nous anime vraiment, ce n’est pas toujours facile, surtout quand d’autres ont peur pour vous.

– Ah c’est courageux mais, tu ne vivras pas de la photo !

– Sans doute. Mais, je veux vivre avec et pour la photo. Être entourée d’images et de ceux qui les créent et les partagent dans différents formats de témoignages. Ce n’est pas courageux. C’est une nécessité pour moi.

Avant d’être une interrogation et une quête, une écoute et un geste, la photographie, pour moi c’est une prise de conscience : celle de la présence de deux corps. Deux temps, deux entités, deux regards croisés, suspendus.

L’ensemble de mes images répond à une exigence poétique et engagée, un travail de témoignage et de mémoire pour rendre compte de la vulnérabilité des êtres et des corps. Essayer de raconter des moments de vie, depuis le quotidien-anodin qu’on ne voit plus, en passant par des temps forts personnels, de ferveur ou de passages clés du monde profane au monde sacré. Tour à tour documentaire et poème, les images se répondent parfois ou s’ignorent pour mieux exister en parallèle. Parsemées et funambules. Les portraits impliquent les corps dans leur territoire, et en retour, les territoires redonnent corps à une identité qui s’institute dans son rapport à l’autre. En allant chercher l’autre, en le re-gardant, j’essaye de toucher ce qu’il peut y avoir de commun entre nous tous. Ce qui nous lie, nous [re]assemble à la fois dans ce que nous possédons de lumineux et de sombre, dans une urgence existentielle à la fois violente et apaisée.